actualité publiée le 15 Juin 2015 par Auvergne Business

Christine, quel est le champ d’actions d’Innovatherm ?

L’objectif de notre cluster est de proposer de nouveaux séjours de prévention-santé, notamment autour des maladies chroniques. Le concept de station de pleine santé est le nouveau positionnement recherché par les stations thermales en Auvergne. Ce positionnement répond aux aspirations de la société de vivre plus longtemps certes, mais en bonne santé. En effet, on sait qu’en France l’espérance de vie augmente, mais on sait moins que le nombre d’années passées en bonne santé diminue.

Le grand challenge du cluster est de pouvoir changer les habitudes de mode de vie des patients, qu’ils prennent conscience qu’ils sont acteurs de leur santé. C’est aussi avant tout de démontrer scientifiquement les nouveaux séjours santé que nous souhaitons créer.

Depuis 2000, la filière thermale a beaucoup fait pour prouver le service médical rendu des cures de 18J conventionnées en apportant des éléments de preuve grâce à des essais cliniques. Désormais, le cluster passe à la 2ème étape, c’est-à-dire la recherche et développement.

Notre objectif est de d’œuvrer pour la mise en place de la station thermale du futur autour de la médecine des 4P : Prédictive, Préventive, Personnalisée, Participative.

Concrètement, quelles innovations proposez-vous ?

Nous concentrons nos actions autour des deux volets majeurs de la prévention-santé, à savoir l’activité physique et la nutrition. Contrairement aux cures classiques qui se déroulaient sur 3 semaines, nous élaborons par exemple des séjours thermaux de quelques jours, avec de nouveaux protocoles mais aussi de nouvelles habitudes de vie à adopter. Nous nous adressons autant aux personnes qui sont déjà atteintes de maladies chroniques qu’à des personnes risquant de développer une maladie. On sait par exemple que le surpoids est un facteur aggravant d’autres pathologies.

Avez-vous un exemple ?

Oui, nous avons participé à la mise en place d’un séjour post-cancer du sein pour des patientes en phase de rémission. Ce séjour a été mis au point à la suite de l’étude clinique PACThe effectuée par le Pr Yves-Jean Bignon (Centre Jean Perrin, Clermont-Ferrand)

Quelle sont les autres actions du cluster ?

Nous aussi travaillons sur le " Développement des stratégies éducatives des patients arthrosiques en milieu thermal». Cette étude sera menée sous la direction du Pr Emmanuel Coudeyre, CHU de Clermont-Ferrand, Université d’Auvergne dans le cadre d’une thèse doctorale.

Nous recherchons davantage d’interactions avec les acteurs de l’éco-système de santé en Auvergne : chercheurs, établissements thermaux, institutions et les autres clusters en santé. Nous souhaitons travailler avec l’Agence Régionale de Santé, les associations de patients et également avec les mutuelles pour la prise en compte de nos futurs soins.

Nous allons aussi lancer un programme de formation continue en médecine thermale à destination des médecins libéraux.

Enfin, en partenariat avec l’ADEME, nous travaillons sur la valorisation énergétique des rejets des eaux thermales, par exemple pour le chauffage de bâtiments.

Quels sont les membres du cluster ?

Une quinzaine d’adhérents compose le cluster : 10 établissements thermaux, Thermauvergne, la chaîne Thermhôtel, des entreprises comme 3I Nature et Electerre de France, des laboratoires régionaux comme le centre Jean-Perrin et le Centre de Recherche en Nutrition Humaine, les Services de Médecine Physique et de Réadaptation et de Médecine du sport et explorations fonctionnelles du CHU Clermont-Ferrand

Quelle est la dynamique du thermalisme en Auvergne ?

Plutôt bonne. En 2014 la fréquentation des cures médicalisées en Auvergne a augmentée de plus de 6 %. Cela peut s’expliquer par un désir de se soigner autrement, de trouver des stations à taille humaine, mais aussi par l’attractivité touristique régionale en général.

Et cela concrétise également la dynamique des établissements régionaux, qui affirme une forte volonté d’innover et de lancer de nouveaux projets.